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SCOP - Le rafiot et l’impasse

Article de Partisan n°2 - juin/juillet 1985

QUATRE ASPECTS DU RENOUVEAU DES SCOP

Quatre aspects importants sont à saisir pour comprendre le développement du mouvement SCOP aujourd’hui. Les trois premiers illustrent ce qui le nourrit. Le dernier, les couches qu’il concerne principalement.

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La " crise en face ", c’est des millions de chômeurs. Les usines ferment. Les régions se désertifient. Les ruines s’accumulent, y’a plus de boulot pour tous, tel que la société fonctionne actuellement. Après nous avoir garanti que les restructurations socialistes allaient développer l’emploi, c’est exactement le contraire qui se passe. Les " temps modernes " sont de plus en plus durs pour la classe ouvrière.
Face à cette situation, certains restructurés et jetés sur le pavé, enfourchent le cheval SCOP. " Faut bien tenter de s’en sortir "  : Bien drivés en cela par la propagande quotidienne de la TV et des journaux. Soyez votre propre patron, groupez-vous, innovez : Patrons ou ouvriers, affrontons la concurrence, la compétitivité. Y’a toujours une issue sous le capitalisme. Ne faites pas de politique, faites votre entreprise dit la bourgeoisie aux ouvriers.

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Aborder le phénomène SCOP c’est nécessairement faire le lien avec la SITUATION POLITIQUE du mouvement ouvrier. La période d’après la 2ème guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui, caractérise la débandade bourgeoise du PCF. Du " retroussez vos manches " de Thorez après la boucherie de 39-45, jusqu’au gouvernement PC-PS de 81-83, en passant par le
Programme Commun. Autant de couteaux réformistes qui ont poignardé la classe ouvrière en tant qu’issue COLLECTIVE pour se débarrasser du capitalisme. Egalement, la politique de gestion de la crise, des appareils syndicaux, qui ont vendu la lutte ouvrière pour une poignée de strapontins ( de même les échecs dans les pays dits " socialistes " ).
La politique des réformistes est en grande partie responsable de la floraison des solutions individuelles dans les rangs ouvriers, face à la crise. Elle cultive les illusions, quant à la possibilité de faire autrement, autre chose, sous le capitalisme. Une SCOP par exemple. Toute la propagande réformiste y conduit : " Halte aux gâchis", " Ducellier peut vivre ", " mauvaise gestion ", " Halte à la casse ", " Halte à la spéculation ", "maintien de la production " etc... Autant de mots d’ordre qui loin d’élever la conscience des ouvriers sur la nécessité de détruire l’organisation actuelle de la société, confortent leurs idées réformistes sur la possibilité de s’en sortir sous le capitalisme, à moindre coût, de faire tourner une usine actuellement sans licencier, sans gâchis, sans excès, au moyen " d’une gestion saine, démocratique ", par " intervention des Pouvoirs Publics ".

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Le reflux du mouvement ouvrier a mis sur la touche de la révolution nombre de militants et syndicalistes, qui face au chemin sinueux du communisme, aux multiples embuscades idéologiques et politiques, ont préféré reprendre les sentiers battus de l’autogestion ( on se souvient de LIP, coopérative de montres créée en 73. Nous reviendrons sur cette expérience dans un prochain article de notre dossier SCOP ) ou concentrer leur force dans le mouvement dit " Alternatif ". C’est-à-dire tout autrement et tout de suite ( nous illustrerons ultérieurement le mouvement alternatif avec l’exemple de l’Allemagne ). Ce courant anarcho-syndicaliste, autogestionnaire, entraîne pratiquement des ouvriers vers les SCOP, comme solution au chômage.

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Enfin le secteur où il se crée le plus de SCOP est le bâtiment. Secteur particulier dans la mesure où les ouvriers sont sans cesse en mouvement, changent de chantier, se sentent proches du chef-maçon qui "bosse comme tout le monde". L’intérim y est fortement employé. Ce qui en fait un secteur plus en retrait du point de vue de la conscience ouvrière collective. Vient ensuite le secteur : travail intellectuel et culturel ( bureaux d’études, théâtres... ), 22% des créations de SCOP en 1982. Il s’agit donc ici de couches petites-bourgeoises. Si l’on ajoute à cela les secteurs du cuir et du livre en 3ème et 4ème position, on constate que les bastions de l’organisation et de la tradition ouvrières, comme la métallurgie, sont moins sensibles à l’initiative SCOP. Quoique l’on note une progression des industries transformatrices de métaux depuis 1982.
Ces précisions étaient importantes avant d’aller voir dans ces SCOP ce qu’on y dit, ce qu’on y fait, ce qu’on y change. Ou ce qui ne change pas. L’écart entre la volonté et la réalité situe la galère à laquelle s’affronte " l’alternative " SCOP.

 LA VOLONTÉ... OU UNE GALÈRE, MAIS LA NOTRE !

" Des bateaux j’en ai vu beaucoup, mais le seul qui ait tenu le coup... c’est celui des copains d’abord" chantait Brassens. Ceux qui tentent l’aventure SCOP embarquent en quelque sorte sur ce même rafiot. Il vaut mieux être entre copains dans la tempête ( voir encart ). y’en a marre des patrons qui licencient, qui cassent, qui spéculent. On va mener nos affaires nous-mêmes. On finance, mais on choisit le cap. Et pas question de ramer comme à l’usine. Chefaillons, cadences infernales, gâchis, pointeuses par dessus bord. Cette ironie caractérise les principes de navigation des " nouveaux entrepreneurs ", qui sont ceux de la tradition du mouvement coopératif dès sa naissance. Revus et corrigés 73-85. Quels sont-ils ?
1- PROPRIETE COMMUNE de l’entreprise. Capital avancé et bénéfice réalisé sont capital collectif.
2- LIBERTE D’ADHESION ET DE RETRAIT. Il existe trois statuts de coopérateurs, qui relativisent la règle de propriété commune. On peut être soit :
- sociétaire : celui qui apporte financièrement, participe à l’Assemblée Générale de la SCOP, élit le Conseil d’Administration. Le propriétaire en quelque sorte pour le matériel et les décisions.
 
- Auxiliaire : celui qui travaille dans une SCOP, n’apporte rien d’autre que ses bras, ne décide pas, touche le salaire que lui paye le " patron SCOP ", ni plus ni moins.
 
- sociétaire extérieur : celui qui apporte un capital sans travailler dans la SCOP. Manufrance par exemple, disposait de 1 500 sociétaires extérieurs.

 

Ce type de sociétaire ne peut occuper plus d’un tiers des sièges au Conseil d’Administration.
3 -GESTION DEMOCRATIQUE. C’est l’Assemblée Générale des sociétaires qui est souveraine. Elle élit un Conseil d’Administration chargé d’appliquer les orientations définies par l’Assemblée. Un homme égale une voix, indépendamment du capital que chacun met dans l’affaire.
4- PRIMAUTE DE L’HOMME par rapport au capital, DU SERVICE sur la marchandise. C’est-à-dire que les SCOP entendent que leurs membres " maîtrisent " leur travail, que celui-ci ne soit pas soumis à produire d’abord des marchandises, mais " des biens socialement utiles ".
A ces quatre principes historiques, on peut en ajouter un plus actuel, issu de la crise du capitalisme :
5 -VIVRE ET TRAVAILLER AU PAYS. Face aux régions qui se meurent économiquement, aux ANPE débordantes, de chômeurs, des licenciés n’acceptent pas que tant de bras, tant de machines soient inutilisées. Aussi choisissent-ils de faire repartir tout cela. " Faut bien faire quelque chose ". Appuyés par les élus locaux avides de gains électoraux, empêtrés dans leur décentralisation et leur pelote de promesses bidon. Qu’en est-il de ces principes dans la réalité ?

Les SCOP créent moins d’emplois

 

Ils sont 36 108 salariés à travailler dans les 1 308 SCOP (Société coopérative ouvrière de production) recensés par la confédération générale des SCOP. Ces entreprises, dont 60 % des salariés sont actionnaires, restent encore modestes puisque 10% seulement d’entre elles emploient plus de 50 salariés et 46 % moins de 10. Leur chiffre d’affaires est passé de 4,2 mil- liards en 1978 à 11 milliards en 1984.
Mais si l’année 1982 a vu se créer 311 SCOP au lieu de 159 en 1980, ce chiffre est retombé à 230 en 1984, année où le nombre de " décès " a culminé à 229.

LA RÉALITÉ,.. OU LA GALÈRE DU CAPITALISME

Produire autrement ou produire comme avant

Quand une SCOP se crée et notamment à la suite d’un conflit amenant des grévistes " à s’approprier collectivement l’outil de travail " comme ultime solution, les aspirations à travailler autrement se font plus présentes. Ce sont celles de la classe ouvrière en général. Je les résume ainsi : un aspect dominant qui est travailler "autrement " dans le cadre du capitalisme, de ses lois économiques, c’est-à-dire avec moins d’abus, moins de gâchis moins de cadences, moins d’intermédiaires et de parasites. Plus de participation de producteurs aux décisions. Un aspect dominé, porté par une fraction d’ouvriers qui eux veulent se sortir des règles du capital, mais se sentent trop isolés, tout en ne discernant que faiblement les possibilités de le réaliser. D’où une soumission à ce qui apparaît pour l’ensemble des ouvriers comme inévitable : la loi du marché. Fabriquer un produit compétitif ou disparaître.
Cela se traduit par la création de son entreprise. Une SCOP. Pensant s’en sortir mieux que le patron "incapable ". Ainsi les coopérateurs vont essayer de concilier nécessités économiques et leur critique immédiate du capitalisme.
Avec des règles de fonctionnement plus démocratiques, comme la gestion collective. Dans leur expérience, les coopérateurs ouvriers ont vécu la séparation entre ceux qui se tuent à la tâche, coupés de toute compréhension globale du produit fabriqué et les cols blancs qui déambulent dans les ateliers où ils étalent leurs connaissances générales de l’usine. La gestion collective contient une tentative des coopérateurs de remettre les pendules à l’heure pour tous.
Par des mesures pratiques dans l’organisation du travail comme la rotation des postes pour " toucher à tout " la formation auprès des ouvriers qualifiés pour " apprendre ", la collectivisation des idées, l’utilisation des machines à des tâches non prévues, pour " améliorer les poste de travail ", le réglage des machines par les utilisateurs eux-mêmes Régler sa machine pour un ouvrier c’est stimulant. On le fait parfois, on se sait pas plus con que le régleur et ça repose du travail répétitif. Mais souvent on laisse tomber car une machine déréglée, c’est l’occasion d’un temps de repos. Les coopérateurs au départ entrevoient de rompre avec cette attitude contradictoire. Dorénavant tout va se faire ouvertement, en collaboration, en équipe, sans chefaillon.
Puis l’expérience allant, on s’aperçoit que dans sa propre SCOP la boîte à idées sert surtout à augmenter les cadences plutôt qu’à libérer du temps pour apprendre. Car la formation auprès des qualifiés reste au niveau de quelques combines et n’est pas accompagnée d’un complément théorique. On touche à tout, v’là ma machine, je prends la tienne, mais la table à dessin reste propriété du col blanc.
Même les critiques les plus immédiates des ouvriers au capitalisme, la SCOP ne peut les réaliser. Et ce n’est pas les 230 SCOP coulées en 84 qui le contrediront. La concurrence extérieure gangrène la SCOP et balaie la volonté de départ des coopérateurs de changer les habitudes dans leur entreprise. On a beau se fixer de produire " des biens socialement utiles ", dans la société actuelle, il s’agit de les VENDRE. Et pour cela, ils doivent être COMPETITIFS. Personne n’achètera une cuisinière SCOP mille francs plus cher qu’une cuisinière Conforama. Une seule réponse à cela : celle que les SCOP dans leur totalité ont été contraintes d’appliquer : une organisation " classique " du travail capitaliste après avoir cru poser les bases d’une lutte contre.
- Appel à des dirigeants chevronnés, ou à des cadres sortis des écoles pour la gestion, les comptes, s’occuper de gagner les marchés.

 

 
- Séparation accrue entre les producteurs aux manivelles et les experts en gestion à la direction. Chacun à sa place.

 

 
- Appel de plus en plus fréquent à des travailleurs non qualifiés pour les boulots d’OS, avec salaires correspondants.

 

 
- Les ouvriers professionnels, bien souvent à l’origine de création de SCOP, voient leur déqualification se perpétuer.

 


- Confrontés à des problèmes d’absentéisme et de qualité de production des dirigeants de SCOP inaugurent les " cercles de qualités " pour intéresser les coopérateurs à la " gestion démocratique ".

 


- Retour de la pointeuse et des chronos pour chasser les temps morts.

 


- Etablissement de primes au rendement et même les 2 x 8 comme la SCOP de meubles des Vosges Manuest.

 


- Licenciements. Nous avions cité dans l’article précédent l’exemple de la SCOP Association des ouvriers en instrument de précision qui avait dégraissé ses effectifs de 4665 à 1215, de 78 à 81.

 

Après avoir voulu atténuer les différences entre les manuels et les intellectuels, s’attaquer à la division du travail dans une entreprise " donner à tous les possibilités de promotion, de formation, substituer à une discipline de production imposée, une organisation de travail délibérée (...), adaptée aux aspirations et besoins du groupe " (Confédération Générale des Scop), les coopérateurs sont contraints de s’auto-exploiter pour naviguer dans la compétitivité. Le mariage entre besoins des coopérateurs et nécessité du capitalisme n’aura duré qu’une lune de miel.
Bien entendu, une SCOP n’est pas un bloc uni ou plutôt elle ne l’est plus. Le rafiot des copains a sombré et depuis les marins rament pour les officiers. Une couche de gestionnaires qui a restauré ce qui avait été abandonné sur le port le temps d’un départ. Ceci nous amène au point suivant.

Démocratie : compétition d’abord

Nous avons vu que dans les SCOP, il y avait des sociétaires (les gestionnaires) et les auxiliaires (les simples salariés). Ces dernières années, des mesures ont été prises pour susciter le sociétariat qui n’atteignait que 32% des travailleurs coopérateurs en 76. Le congrès de 81 vota pour que l’obligation au sociétariat figure sur le contrat de travail de tout nouvel embauché. Afin qu’éventuellement l’Assemblée Générale des sociétaires l’impose ultérieurement à l’embauché. Ca ressemble assez au travail en équipes qui figure sur nos contrats de travail. Vous ne trouvez pas ?
Actuellement 60 % des coopérateurs sont sociétaires. Pourquoi pas 100% ? L’explication est simple. Il se passe que les SCOP où le sociétariat est faible maintiennent leur activité, sont compétitives. A l’inverse, là où le sociétariat est important les SCOP connaissent des difficultés. Quand c’est pas le plouf carrément.
Les 40% d’auxiliaires sont en quelque sorte la main-d’œuvre corvéable à merci. Les OS et sous-payés des SCOP. Ceux que les " nouveaux entrepreneurs " soumettent le plus aux contraintes économiques, baladés selon les besoins de la production " des biens socialement utiles ". Ceux qui aident à équilibrer les comptes. Ils sont les intérimaires, les précaires, les immigrés des entreprises " normales ". C’est une condition d’une bonne santé économique, d’une meilleure rentabilité.
Bref, tout en se donnant les moyens de favoriser le sociétariat qui est tout de même la base importante du financement des SCOP (retenue mensuelle sur le salaire), les coopérateurs sont obligés de le limiter pour réajuster les taux de profit. Egalement, les auxiliaires quand ils goûtent à l’expérience SCOP, au " travail autrement ", ne sont pas du tout tentés par le patronat collectif. Ils pensent plutôt à mettre en avant des revendications salariales et de conditions de travail. Ce qui correspond directement à leur situation réelle. Plutôt que de s’embarquer dans une galère avec une rame de gestionnaire et une rame d’exploité. Situation difficile que de revendiquer pour son salaire, tout en acceptant chaque mois une ponction obligatoire.
Aussi les SCOP sont obligées de faire avec et être souple quant à l’obligation au sociétariat inscrite sur le contrat de travail.

Une caste de gestionnaires dirige les SCOP

Son mot d’ordre : compétition d’abord, coopération ensuite. La pression extérieure l’oblige, comme le rapport aux banques, l’évolution du marché, des produits. Le capital " collectif " reste capital et donc division du travail. Cet " extérieur " ne s’embarrasse pas de lenteur démocratique et les partenaires des SCOP veulent avoir affaire à des experts. La loi du marché c’est une guerre où il faut tailler sa part, être compétent. Aussi il est de règle que l’Assemblée Générale des sociétaires réunie une fois par an, sommet de la démocratie SCOP, confie les tâches de gestion aux experts, en élisant un Conseil d’Administration pour diriger et un Conseil de surveillance pour surveiller. De façon purement formelle car bien vite se crée " une hiérarchie tranquille qui calquée sur celle des entreprises patronales, sécurise (l’extérieur !) en respectant la division du travail traditionnelle (...). Rares sont les SCOP où tous les niveaux de la hiérarchie du travail sont représentés dans les organes élus. La maîtrise et les cadres se retrouvent plus aisément administrateurs que les ouvriers et les employés. Quand le Conseil d’Administration ne reproduit pas lui-même le conseil de direction composé exclusivement des différents directeurs de services " ( Cité dans " Les coopératives de production ". O. Demoustier. Edition La Découverte).

 

Nous avons vu avec l’exemple de Manufrance dans le précédent article ( Partisan n° 1) l’imbrication , des syndicats dans l’appareil de gestion des SCOP. Bien souvent à l’origine de leur création, ils en viennent rapidement à limiter l’action syndicale à l’extinction démocratique de toute revendication. Dans le cas des auxiliaires, à canaliser les mécontentements vers " attention vous allez couler notre entreprise ". Il ne peut en être autrement. La réalité des SCOP est la conclusion pratique de ce qu’ils proposent. Etre les nouveaux gestionnaires du capitalisme. Ce que le PS fait, au gouvernement depuis 4 ans en disant aux déçus du " socialisme " : " attention vous allez favoriser le retour de la droite ".

Cherche banquier sympa !

Les SCOP ne peuvent vivre uniquement de l’apport des sociétaires, ou mal. Donc disparaître (1 à 5 % de retenues sur le salaire mensuel) sans oublier l’apport au départ, remboursable au démissionnaire dans un délai de 5 ans. Si tout va bien.
L’Etat aide les SCOP (qui marchent !) à travers le Fonds de Développement Economique et Social (prêts bonifiés). Autour des SCOP se créent des courants de souscription comme l’Association des Amis de Lip par exemple. Mais tout ceci est insuffisant. D’où les banques. Mais une banque reste une banque. Pour qu’elle accorde un prêt, il lui faut des garanties. C’est-à-dire un bon capital de départ, et des garanties pour l’avenir rassurantes. Comme des conditions d’exploitation des ouvriers saines et rentables. Une affaire moins démocratique, mais où les experts ont la direction bien en main. Des sociétaires prêts à tous les sacrifices. Une politique salariale musclée. " Primauté " au profit avant l’homme.
Les créateurs de coopératives dans leur histoire se sont toujours élevés contre les intermédiaires, les désignant comme responsables de tous les malheurs. Les banques s’avèrent un intermédiaire bien difficile à " supprimer ", même quand on s’approprie collectivement l’outil de travail.

EN CONCLUSION

Dans un prochain article de notre dossier SCOP, nous reviendrons sur deux idées abordées ici et non développées. La première : l’appropriation collective d’une entreprise. L’expérience SCOP nous montre qu’il ne suffit pas à des ouvriers de posséder le Capital (machines, argent, force de travail) pour réussir autrement. Lutter efficacement contre le chômage. Le capital est un rapport de production qui s’impose et qui impose une façon de produire, qui impose des dirigeants, des dirigés, qui méprise les besoins des producteurs, les façonne selon son seul souci : le profit. Qui impose des classes. Deuxième idée. L’article de ce mois-ci a montré que les SCOP ne pouvaient que recréer des couches aux intérêts différents. Ceux qui exécutent et ceux qui dirigent. Des capitalistes et des prolétaires.
Enfin, nous montrerons que l’aspiration à travailler autrement ne peut trouver de réelle solution que dans une transformation de toute la société contre le capitalisme. Qu’une lutte efficace contre le chômage aujourd’hui est celle qui se fixe cette transformation. Et combat les issues microscopiques qui sont les SCOP dans un univers en bouleversement.

 

Notre dossier sur les SCOP :
- 1ère partie : Tu MANU... avec ta SCOP !
- 3ème partie : Créer des SCOP ou détruire le capitalisme
- 4ème partie : A propos des SCOP
- 5ème partie : Non, nous n’avons pas à impulser des SCOP !

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