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Les Etats nationaux vont-ils disparaître ?

 

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On pourrait le croire, « l’État » européen se construit : ses lois, sa justice, sa police, son armée, ses institution… Dans d’autres lieux du monde, des États se coordonnent régionalement. L’impression c’est que la « mondialisation » affaiblit le rôle des États nationaux et transfert ailleurs leur pouvoir. En réalité les États impérialistes, USA et Europe en tête, continuent à être les garants de l’ordre mondial.


Chaque État est l’expression de la classe dominante bourgeoise  : il garantit sa propriété privée, lève les impôts, garantit, sur fonds publics, tous les risques que prennent les entreprises dans leur conquête du marché mondial.Les dettes du Crédit Lyonnais seront payées par l’État, c’est-à-dire par nos impôts.

- EST-CE QUE TOUT SE DÉCIDE À BRUXELLES ?
L’État, garant de l’ordre, exerce son rôle répressif : police, prison, armée et tribunaux veillent sur l’ordre bourgeois. L’État règle la circulation de la main-d’œuvre utile au capital et à la fabrication de la plusvalue, etc. À Bruxelles, ce sont les représentants des États nationaux et les grands monopoles européens qui font les lois, les technocrates sont à leur service.Les grandes sociétés sont plus « transnationales » que « multinationales », car leur propriété et leur gestion restent liées à un État national particulier. Renault par exemple est une transnationale française.

- L’ÉTAT S’ENGAGE ET SE DÉSENGAGE.
Mais la concurrence, la compétition économique, les rivalités pour la conquête des marchés opposent les capitalistes entre eux.Les plus faibles sont absorbés par les plus forts, leurs associations sont instables, ce qui crée des tensions entre États.On l’a vu par exemple lorsque Siemens a voulu racheter l’Alstom, l’État français s’y est opposé. Les « transnationales  » restent françaises, allemandes, américaines, japonaises...
Avec ou sans décorum démocratique,les États des pays dit émergeants répriment, encadrent la classe ouvrière et les progressistes pour tenter de rattraper rapidement les États capitalistes plus avancés.
S’il y a un domaine où l’État se désengage, c’est celui de la redistribution aux plus pauvres et aux plus exploités : régression des salaires indirects (retraites, santé...), régression des statuts des travailleurs. L’État laisse aux associations caritatives le soin de s’occuper de la misère.

- ALORS MOINS D’ÉTAT ? CHEZ LES AUTRES SURTOUT !
Les grands États impérialistes ont besoin de faire éclater les barrières étatiques de leurs concurrents dont la centralisation fait obstacle à la « libre » circulation de leurs marchandises et à la « libre » entrée de leur capital. On l’a vu en ex-Yougoslavie, en ex- URSS et dans de nombreux pays d’Afrique. Le Capital n’hésitera pas alors à soutenir en sous-main tel groupe ethnique, religieux ou à attiser des révoltes nationalistes au nom de la « liberté ». Les États impérialistes mettent sous tutelle militaire des États récalcitrants par blocus ou par guerre, en brandissant « l’humanitaire », la « démocratie ». Souvent, cela se termine dans un bain de sang comme en Irak : la démocratie dévoile son visage terroriste d’État.

- ÉTAT, ORDRE ET HIÉRARCHIE.
À l’intérieur même des puissances impérialistes, l’État n’hésite pas à se désengager et à autonomiser les régions. Les services publics seront à la charge des habitants de ces seules régions, ce qui occasionne des mécontentements comme dans la Creuse où les maires ont démissionné. L’éclatement en régions permet aussi de casser les résistances centralisées, de diviser. L’État peut aussi offrir aux firmes transnationales des zones ou des quartiers sans charges sociales et à bas salaires. Il y a une hiérarchie impérialiste entre États, et dans cette hiérarchie l’État français fait toujours partie des « grandes puissances », même s’il collabore souvent avec d’autres.

- SOUHAITER L’INTERVENTION DE L’ÉTAT ?
Crises, guerres et chômage font partie de ce système économique, l’État ne peut les réguler. Certains parlent de « réhabiliter le politique » et de « réguler l’économie », ce « réformisme » a fait faillite : le capitalisme à visage humain, sans chômage ni licenciements, n’existe pas.

- LA RÉALITÉ EST DURE, FAUT-IL SE RÉSIGNER ?
L’histoire ne s’arrête pas. Les travailleurs se sont organisés progressivement en syndicats, en partis ,afin d’infléchir en leur faveur les lois des États capitalistes et ils ont conquis des droits. Ils ont créé des partis communistes et ont pris le pouvoir en URSS, en Chine,…
même s’ils l’ont perdu, ils ont profondément transformé ces pays. Ces expériences socialistes ont dégénéré en capitalisme d’État (*), le bilan est à approfondir. Parmi les éléments positifs, ce bilan nous aide à comprendre ce que devra être le futur État de transition au communisme. Sur la base d’une économie collective, il devra être le pouvoir des comités de travailleurs et la politique pourra enfin diriger l’économie.Celle-ci devenue collective ne sera plus une jungle de concurrence, d’inégalités et de catastrophes.
L’État capitaliste et impérialiste n’est pas mort. Il faut lutter contre lui, nous n’avons pas à nous allier avec lui contre un impérialisme plus puissant, ni à nous lamenter sur son soi-disant déclin. L’État n’est pas en déclin, il évolue : moins social, plus répressif, plus continental. Evoluons, nous aussi, élargissons notre horizon, pratiquons concrètement l’internationalisme.
Des militants VP

(*) Se reporter à nos diverses publications sur la restauration du capitalisme dans les pays socialistes, notamment à notre Plateforme politique (4 euros les 4 cahiers)

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