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Contre les violences et crimes policiers, soutien à Théo Luhaka et à toutes les victimes !

Nous tenons à apporter notre soutien à Théo Luhaka, victime de viol et violences à caractère raciste par des policiers à Aulnay sous Bois le jeudi 2 février 2017. Nous saluons aussi le courage qu’il a eu de dénoncer publiquement ses agresseurs et ce crime.

 

Il est toujours difficile de faire entendre la parole des victimes de violences policières : dénigrées, méprisées, c’est toujours la version des policiers qui triomphe. Ils agissent dans une totale impunité, protégés par leur hiérarchie et défendus par leurs syndicats. Les policiers savent également qu’ils ne seront pas inquiétés (ou de très rares fois) par la justice qui est une autre branche du même système répressif. Celle qui laisse dehors les agresseurs de Théo Luhaka et celle qui met en prison les jeunes qui se révoltent à Aulnay sous Bois et dans le 93. Celle qui met en prison les frères Kamara et condamne les frères d’Adama Traoré.

 

Théo Luhaka se rajoute à la longue liste des victimes de crimes policiers médiatisés ou inconnus : harcèlement, humiliations, viols, tabassages et même morts lors « d’interventions policières ».
Adama Traoré, Amine Bentounsi, Lamine Dieng, Zyed Benna et Bouna Traoré et tant d’autres... Chaque année en France, une quinzaine de morts est à dénombrer suite à des interventions policières. Depuis l’abolition de la peine de mort en 1981, cela fait plus de 500 morts.

 

Nous partageons la tristesse et surtout la colère et la révolte de tous ceux qui trouvent insupportables l’impunité policière et la violence d’Etat. Nous apportons notre soutien à Théo, sa famille et toutes les familles victimes de crimes policiers ainsi qu’à toutes les personnes condamnées dans les récentes mobilisations à Aulnay et dans les autres villes. Nous appelons à dénoncer le plus largement possible les politiques sécuritaires et les violences policières.

 

Ne faisons confiance ni aux politiciens bourgeois ni aux experts – avocats et cie – pour que justice soit rendue. Si Hollande vient au chevet de Théo, si la police des polices ne parle plus de viol mais « d’accident », c’est qu’ils veulent nous faire croire que c’est une « bavure ». Bien au contraire, ce crime est l’expression de la violence d’un système ! Celle de flics qui peuvent tuer et violenter en toute impunité !

 

De tous temps, la Police a été l’ennemie de la classe ouvrière et du prolétariat : sans état d’âme, elle matraque au service des classes dominantes, pour renforcer l’exploitation, pour réprimer nos manifestations de colère. Les Policiers sont depuis toujours des champions de la violence et du mépris. Face aux prolétaires Noirs et Arabes, largement représentés parmi les couches les plus exploitées et méprisées du prolétariat, leur violence est décuplée par le racisme qui imprègne notre société impérialiste.

 

Ces violences policières, l’Etat et les Capitalistes l’entretiennent car l’idéologie de mépris de classe, de racisme, de sexisme et d’homophobie répandue dans la Police leur est utile pour perpétuer notre exploitation et notre division.

 

Les parents, les grands-parents des jeunes des cités d’Aulnay-sous-bois et d’ailleurs ont été bien utiles aux capitalistes français dans le passé pour faire tourner leurs usines durant les soi-disantes « Trentes glorieuses  ». Leurs enfants et petit-enfants sont, à leur tour, bien utiles pour grossir l’ « armée de réserve  » de chômeurs et de précaires. Les plus exploités de notre classe sont aussi ceux qui reçoivent de la Police et de toutes les institutions de l’Etat le plus de violence en retour.

 

Le racisme, c’est un outil de division que la bourgeoisie, l’Etat qui la sert avec sa police et sa justice utilisent pour nous affaiblir et qu’on se tienne tranquille dans nos quartiers et à l’usine. Notre classe est multinationale et internationale  : nous ne nous retrouvons pas dans leur unité nationale chauvine, raciste et xénophobe qui stigmatise les travailleurs et la jeunesse des quartiers populaires. Nos ennemis, ils sont dans les ministères, à la tête des institutions d’Etats, à la direction des entreprises, dans les conseils d’administration, au sommet des banques et des assurances.

 

Comme nous le disions déjà à l’occasion de l’assassinat d’Adama Traoré  : « Nous voulons la vérité, nous voulons un autre monde où les travailleurs, les habitants des quartiers et des cités, les pauvres, cessent d’être méprisés, humiliés et parfois tués parce qu’ils sont Noirs, Arabes, Rroms... Nous voulons un monde, pour nous, où nous soyons les maîtres, où nous puissions changer les règles du jeu à notre service – mais nous ne sommes pas de ceux qui rêvons des élections, mauvaise plaisanterie qui n’intéresse presque plus personne autour de nous ! Justice sera rendue quand les opprimés s’organiseront pour renverser la bourgeoisie, son État et sa police, et enfin construire une nouvelle société débarrassée du capitalisme.  »

 

Joignons-nous aux manifestations contre les violences et l’impunité policière et rejoignons la manifestation du 19 mars pour la justice et la dignité !

 

On a raison de se révolter  !
Policiers, hors de nos quartiers  !
Soutien à tous les opprimés victimes de violences policières !
Face aux nombreuses arrestations et inculpations, exigeons l’arrêt immédiate des poursuites  !
Participons aux collectes de solidarité pour soutenir les inculpés  !
Pas de justice, pas de paix !

 

OCML Voie Prolétarienne, 17 février 2017

 

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