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Leur démocratie, c’est la dictature ! Ne comptons que sur nous-mêmes !

L’épisode du 49.3 a scandalisé beaucoup de travailleurs. C’était effectivement le sommet du mépris pour le peuple. Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg de la dictature de la bourgeoisie.
Dans le système actuel, c’est “cause toujours“ : on nous demande juste de choisir tous les 5 ans quel représentant des classes dominantes aura le droit de nous oppresser. Un gouvernement ne peut accéder au pouvoir que si il donne des gages aux patronat, au Medef.

 

Même sans le 49.3, les gouvernements, de droite comme de gauche, appliquent la politique de la bourgeoisie depuis longtemps. Normal : quel est le profil des hommes politiques, de droite comme de gauche ? Des hauts fonctionnaires, des politiciens professionnels... Les propositions de lois sont souvent écrites par des “experts” venus des grandes écoles ou des grandes entreprises, que les députés et les ministres ne font que reprendre. Et une fois votées, ce sont des hauts fonctionnaires inamovibles, sortis de grandes écoles bourgeoises, ou qui font des aller-retour entre la fonction publique et les grandes entreprises, qui décident de la manière dont elles sont appliquées.

 

L’Etat et la loi des bourgeois

 

Tout l’Etat a été modelé au service de la bourgeoisie : la police, la justice, les impôts, l’éducation. Ils ont tous construit en fonction de leur intérêt. Il ne suffit pas de changer de personne. Les juges, les procureurs, n’ont pas besoin d’ordre du ministre de la justice pour appliquer une “justice” de classe : le Code pénal, le Code civil et même l’essentiel du Code du travail ont été écrit conformément au point de vue de la bourgeoisie. La répression, au cours du mouvement contre la loi El Khomri, a été plus forte que jamais. Les violences policières sont généralisées, les condamnations en justice sont très lourdes, les sanctions patronales contre les grévistes aussi. La répression, elle est au service de l’application de la politique du gouvernement. Par ailleurs, la Police se déchaîne dans les quartiers, face aux jeunes, aux Noirs, aux Arabes, aux Rroms. Les policiers sont violents et racistes, c’est vrai ; mais c’est un choix politique fait par le gouvernement de leur lâcher la bride et de tolérer leur violence. Cela est bien plus vieux que le mouvement contre la loi El Khomri ; il suffit de voir comment les crimes racistes de la police sont systématiquement couverts.

 

Notre démocratie n’est pas la leur

 

Les Communistes pensent déjà que les prolétaires ne doivent pas espérer s’emparer de l’Etat pour le faire fonctionner à leur profit ; ce n’est pas possible, il n’est pas fait pour ça. Ils doivent le détruire et construire leur propre Etat, à leur image. Ensuite, cet Etat ouvrier ne devra pas du tout fonctionner de la même manière que l’Etat bourgeois. On nous présente la démocratie comme le fait de glisser une enveloppe dans une urne tous les 5 ans, pour choisir un individu qui n’est responsable de rien, et qui pourra faire ce qu’il veut. Pour nous, la vrai démocratie, ce sera déjà d’écarter les exploiteurs, les oppresseurs, les politiciens corrompus, les racistes... : on ne leur permettra pas de se présenter, ni même de donner leur avis, et ce sera avant tout l’avis des prolétaires, de ceux qui produisent, qui comptera : c’est ça que nous appelons la “dictature du prolétariat.” Les assemblées à la base seront à la base du pouvoir, auxquelles chacun participera ; les lois seront d’abord proposées et discutées dans les conseils ouvriers d’usine ou de quartiers. Dans ces assemblées, les prolétaires désigneront parmi eux leurs représentants. Ces représentants seront en permanence responsables de leurs actes et révocables. Cette forme de démocratie, c’est celle de la classe ouvrière, la preuve : c’est déjà celle que nous organisons spontanément dans les assemblées générales de grève par exemple. C’est aussi ce qui a été appliqué pendant la Commune de Paris, qui est un exemple à suivre de démocratie ouvrière. Voilà le vrai programme historique des Communistes révolutionnaires. Les députés et maires du P“C“F en sont bien loin !

 

Certes il ne faut s’illusionner sur la démocratie à l’heure actuelle, mais il faut quand même nous battre pour nos droits et nos libertés ; c’est le premier pas pour renforcer le camp de la classe ouvrière. En gardant en tête qu’il n’y a pas de démocratie véritable possible sans renversement du capitalisme, que ce n’est pas par “leurs” élections que nous pourrons faire changer les choses. C’est par notre organisation, en nous éduquant par nous-mêmes, que nous ferons avancer nos intérêts.

 

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Bulletin Partisan de décembre 2016

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